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Tempête sous un crâne



J'ai visionné ce long-métrage documentaire sorti en salles le 24 octobre 2012. Il a le mérite de réfléter avec objectivité l'ambiance d'une salle de classe et les difficultés qu'éprouvent les enseignants à transmettre des connaissances devant des élèves indisciplinés.

"Detachment" : un film sur l'Ecole « bien réac » selon Libération




Bien réac : ce n’est pas moi qui le dis, c’est Bruno Icher, un journaliste de Libération. Voici son verdict sur le film de Tony Kaye qui narre les malheurs d’un prof remplaçant : « Dans le droit fil des âneries habituelles sur les voyous analphabètes qui persécutent les profs des collèges, Detachment s’inquiète de la dérive d’un personnage (Adrien Brody) qui aurait pu être intéressant si la mièvrerie des situations et la laideur de la forme ne le réduisaient pas au statut de mannequin inerte (…). Detachment enchaîne ensuite tous les clichés possibles, depuis la condescendance assez antipathique des personnages pour les enfants perdus qui n’apprennent plus rien, jusqu’à la condamnation solidement réac des parents d’élèves auxquels, dit Adrien Brody, il faudrait faire passer un examen avant qu’ils aient des enfants ».

Exactement le genre de propos « gauchiottes » qui me donne envie d’être encore plus Réac que je ne le suis déjà (c’est dire !). Il est vrai que les « voyous analphabètes » ne courent pas les couloirs de la rédaction de Libé en persécutant les journalistes bobos qui s’y trouvent. Mais cela n’empêche pas ces derniers de pondre leurs proses bien-pensantes et de s’ériger, le cul bien rivé sur leur chaise pivotante, en défenseurs de l’indéfendable. Et pour cause : ces plumitifs souffrent terriblement du fait que ce film traduise la réalité et ne rentre pas, pour une fois, dans les petites représentations mentales qu’ils se font autour des « pépites » de la nation et des vertus du « vivre ensemble ».

Pour être allée voir ce film diffusé dans très peu de salles (tiens, comme c’est bizarre…), je vous le recommande vivement. Adrien Brody campe parfaitement bien le personnage d’Henry Barthes, professeur remplaçant nommé pour trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Désabusé, il perçoit intimement la vacuité de sa tâche dans une société où le langage est devenu vide de sens et où les dérives rappellent à s’y méprendre celles du monde totalitaire de 1984 décrit par George Orwell. Detachment est résolument sombre et pessimiste mais d’un réalisme saisissant. Il est question de la judiciarisation à outrance à l’Ecole avec des parents démissionnaires qui ne prennent contact avec les enseignants que pour réclamer ce qu’ils estiment abusivement être leur dû.

Les professeurs ne parviennent plus à transmettre quoi que ce soit à des élèves qui ne s’intéressent à rien, qui ne respectent rien ni personne et qui errent dans un monde où la culture n’a plus aucune place. Or, dans la réalité, ce qui mine les enseignants, c’est bien ce gouffre abyssal qui les éloigne de leurs élèves, le manque d’étincelles dans les yeux de ces derniers et leur désintérêt pour les savoirs. Dès lors, il n’y a plus aucune communication possible, le mur est infranchissable. Seuls quelques élèves s’en sortiront : des petits miracles qui aident les professeurs à poursuivre leur travail de Sisyphe…

VB

L'école pour tous


Je vous conseille de voir ce film qui est passé cette semaine à la TV sur France2. Derrière sa légèreté apparente, il a le mérite d'évoquer le malaise de nombreux enseignants qui travaillent dans les établissements de banlieue.

Collèges en plein milieu de zones de non-droit, dépression de professeurs sur-diplômés exercant leur métier devant des élèves sous-doués, syndicats qui passent leur temps à distribuer des tracts, lâcheté du chef d'établissement qui préfère étouffer les affaires... De nombreux sujets sont évoqués à travers cette comédie.

Aux critiques de ce film qui prétendent que cette vision des banlieues est remplie de clichés et "stigmatisante" pour ceux qui y résident, je répondrai au contraire que ce long-métrage constitue une bonne photographie de l'école d'aujourd'hui... A l'exception d'un sujet totalement passé sous silence : celui de la montée de l'intégrisme religieux et des communautarismes (réalité sans doute bien trop grave pour trouver sa place dans une comédie)...

VB



L'école pour tous - Bande annonce

Agora




Pas facile d'enseigner la philosophie dans la bibliothèque d'Alexandrie au IVème siècle ap. J-C au milieu de l'obscurantisme religieux...
Dans une interview, le réalisateur, Alejandro Amenabar, précise : " Les spectateurs qui verraient un rappport entre l'Antiquité que je décris et le monde d'aujourd'hui n'auraient pas tort".

La Grande Vie


A de nombreux passages du film, j'ai été troublée de voir à quel point je pouvais m'identifier au personnage de Grégoire, modeste professeur de philosophie, un brin idéaliste qui passe à la TV sans avoir le temps de développer ses idées qui sont tournées en dérision par la grande machinerie du spectacle...
Ma scène préférée : le conseil de classe vers la fin du film. Un grand moment de vérité !

Bande-annonce

Le Petit Nicolas


Comme ce film fait du bien au moral ! Comme il est bon de voir des salles de cours sans incivilités de toutes sortes... Idyllique cette vision de l'Ecole ? Passéiste ?... Peut-être mais toujours préférable au naufrage actuel de notre Ecole publique à la dérive...

Bande-annonce

La Journée de la Jupe


Enfin un film dans lequel les fléaux qui minent les collèges de banlieue sont abordés sans tabou (racime, communautarisme, misogynie,...). On y voit aussi des instances hiérarchiques dépassées qui préfèrent fermer les yeux et pratiquer la politique de l'autruche plutôt que de s'armer de courage en prenant les problèmes à bras-le-corps. Un anti-Entre les murs, en quelque sorte.

Côté Off : J'arrêterai là ma critique élogieuse de ce film. Après avoir travaillé plusieurs semaines sur le scénario à la demande du réalisateur, ce dernier a mis fin à notre collaboration. Quelques mois plus tard, il m'a envoyé le scénario terminé et, quand je lui ai fait remarquer que je retrouvais certaines de mes idées, il m'a répondu qu'une idée ne se protégeait pas et que mes idées, il aurait pu les trouver ailleurs...


La Vague


Quand la réalité dépasse la fiction... Inspiré d'une histoire vraie, ce film est bouleversant. Le réalisateur a réussi l'adaptation du best-seller de Todd Strasser. On y voit un groupe d'élèves faire l'expérience de l'emprise idéologique qui peut conduire au meurtre et au suicide.

Dans une société individualiste en manque de repères, les risques de dérive sectaire sont aujourd'hui encore, plus que d'actualité... Un film intelligent !

Côté Off : Le livre a été publié en version française aux éditions Jean-Claude Gawsewitch, celles-là mêmes qui ont publié Ces profs qu'on assassine...

Bande-annonce

Entre les murs


"Entre les murs" : une mémoire pour l'Histoire ou comment l'Ecole de la République a sombré pour cause de démagogie, de laxisme et de nivellement par le bas... C'est la palme de la bêtise qu'on aurait dû lui décerner à ce film !

Coté Off : Je vous renvoie à une émission TV de France 24 où j'étais invitée à débattre en direct sur la Palme d'Or avec, pour interlocuteur, un pote à Bégaudeau. Ce n'est pas triste à voir...

L'Esquive



Dans L'Esquive, qui l'emporte ? Marivaux ou la banlieue ? Qui est porté en modèle ? La petite musique marivaudienne ne s'entend qu'en sourdine. Ce qui domine, ce sont les cris et l'hystérie des adolescents qui maltraitent la langue car ils n'en maîtrisent pas le B.A.-B.A et encore moins les subtilités.

Le spectateur n'apprend rien et l'école apparaît en filigrane, à travers le prisme d'un travail scolaire oral à préparer en dehors des murs du collège.

Côté Off : J'ai vu ce film après qu'une journaliste, alors pigiste pour Le Monde de l'Education, m'a demandé mon opinion sur le traitement de la banlieue au cinéma. Je lui ai accordé une interview téléphonique d'une heure et au final, elle n'a gardé qu'une ligne de mes propos. J'explique pourquoi dans mon livre : L'Ecole dans les griffes du septième art.

Le Sourire de Mona Lisa


Un film sans prétention, version féminine du Cercle des Poètes disparus, un peu moins percutant mais pas inintéressant cependant. La condition des femmes durant les années cinquante est à mettre en parallèle avec la situation actuelle des filles dans certains quartiers "difficiles" de banlieue...

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Etre et Avoir


Etre ou Avoir ou comment parler de rien sur l'école...

Ce film m'a paru très long, ennuyeux et inintéressant. Aussi sympathique que l'instituteur puisse paraître, à aucun moment le spectateur n'a la possiblilité de découvrir sa méthode pédagogique. On le voit pendant quelques secondes faire lire un élève de CP ; à d'autres moments, il demande aux plus petits de finir leurs coloriages. Les enfants sont mignons. Rien de plus...

Côté Off : L'instituteur qui joue son propre rôle a été débouté par le tribunal de grande instance de Paris de sa demande d'indemnisation pour "contrefaçon" et "atteinte au droit à l'image". Retrouvez de plus amples détails sur cette affaire dans L'Ecole dans les griffes du septième art où j'y consacre un chapitre entier.

Le Plus Beau Métier du Monde


Gérard Depardieu en prof dévoué mais débordé par les événements : plus vrai que nature ! Combien de fois pourrait-on lancer à des enseignants à bout "Ménage-toi ! Tu frises le burn-out" !!!
Ce film permet de traiter de sujets graves par le prisme de la comédie. C'est réussi...


Bande-annonce


Le Suppléant



Un mercenaire est envoyé en remplacement de sa fiancée dans un lycée "difficile" de Miami. La professeur s'est faite agressée par un gang qui sème la terreur dans l'établissement. Son suppléant entend bien restaurer l'ordre. Un bon défouloir pour tous les professeurs qui se sentent "désarmés"...

La loi du collège


Durant un an, Mariana Otero a filmé la vie du college Garcia-Lorca implanté dans la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis.
Comme quoi on peut faire bien mieux qu'Entre les murs avec un budget bien moindre... Sans oublier que ce documentaire est sorti en DVD bien avant la Palme d'Or.
Voir la bande-annonce du film.

Esprits rebelles


En France, l'Education nationale devrait peut-être payer aux futurs enseignants une formation de marines afin d'éradiquer les problèmes d'incilités dans les classes !...

Le Cercle des poètes disparus

Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des Etats-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.

C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant reservé et de ses amis...

Côté Off : Parmi les raisons qui m'ont donné l'envie d'exercer le métier de professeur, il y a eu ce film... J'avais alors 16 ans. Je rêvais d'avoir un professeur comme Mr Keating, un capitaine et poète au long cours capable d'entraîner ses élèves dans un fabuleux voyage initiatique...

Bande-annonce



P.R.O.F.S.


Les profs n'ont pas tellement changé depuis la sortie de ce film en 1985 avec les prestations inoubliables de Patrick Bruel en prof de lettres modernes et de Fabrice Luchini qui enseigne les arts plastiques.
En revanche, ce sont les élèves qui ont changé : ceux du film paraissent bien dociles par rapport à ceux que j'ai devant moi au quotidien...

Le Maître d'école


1981 : autre époque, autres moeurs...
Le personnage joué par Coluche est un instituteur sur le tard qui s'aperçoit bien vite que ce métier n'est pas celui qu'il imaginait. Cette comédie nous invite à porter un regard positif sur l'Ecole. Quant à l'instituteur incarné par Coluche, il est particulièrement attachant. Les élèves l'apprécient et le public aussi... On rit de ses maladresses et on l'aime, ce maître d'école !

Côté Off : Je me rappelle du tournage du film qui se déroulait à côté de chez moi, dans les Yvelines. Je n'avais alors que 7 ans et je ne pensais pas qu'un jour, moi aussi je serais prof...

Mes livres

Les hussards noirs de la robotique

Génération Treillis

Je suis une prof réac et fière de l'être !

Ces profs qu'on assassine

L'Ecole dans les griffes du septième art

Le vrai visage de la téléréalité

Confessions d'une jeune prof