Tempête sous un crâne
"Detachment" : un film sur l'Ecole « bien réac » selon Libération
Bien réac : ce n’est pas moi qui le dis, c’est Bruno Icher, un journaliste de Libération. Voici son verdict sur le film de Tony Kaye qui narre les malheurs d’un prof remplaçant : « Dans le droit fil des âneries habituelles sur les voyous analphabètes qui persécutent les profs des collèges, Detachment s’inquiète de la dérive d’un personnage (Adrien Brody) qui aurait pu être intéressant si la mièvrerie des situations et la laideur de la forme ne le réduisaient pas au statut de mannequin inerte (…). Detachment enchaîne ensuite tous les clichés possibles, depuis la condescendance assez antipathique des personnages pour les enfants perdus qui n’apprennent plus rien, jusqu’à la condamnation solidement réac des parents d’élèves auxquels, dit Adrien Brody, il faudrait faire passer un examen avant qu’ils aient des enfants ».
Exactement le genre de propos « gauchiottes » qui me donne envie d’être encore plus Réac que je ne le suis déjà (c’est dire !). Il est vrai que les « voyous analphabètes » ne courent pas les couloirs de la rédaction de Libé en persécutant les journalistes bobos qui s’y trouvent. Mais cela n’empêche pas ces derniers de pondre leurs proses bien-pensantes et de s’ériger, le cul bien rivé sur leur chaise pivotante, en défenseurs de l’indéfendable. Et pour cause : ces plumitifs souffrent terriblement du fait que ce film traduise la réalité et ne rentre pas, pour une fois, dans les petites représentations mentales qu’ils se font autour des « pépites » de la nation et des vertus du « vivre ensemble ».
Pour être allée voir ce film diffusé dans très peu de salles (tiens, comme c’est bizarre…), je vous le recommande vivement. Adrien Brody campe parfaitement bien le personnage d’Henry Barthes, professeur remplaçant nommé pour trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Désabusé, il perçoit intimement la vacuité de sa tâche dans une société où le langage est devenu vide de sens et où les dérives rappellent à s’y méprendre celles du monde totalitaire de 1984 décrit par George Orwell. Detachment est résolument sombre et pessimiste mais d’un réalisme saisissant. Il est question de la judiciarisation à outrance à l’Ecole avec des parents démissionnaires qui ne prennent contact avec les enseignants que pour réclamer ce qu’ils estiment abusivement être leur dû.
L'école pour tous

Je vous conseille de voir ce film qui est passé cette semaine à la TV sur France2. Derrière sa légèreté apparente, il a le mérite d'évoquer le malaise de nombreux enseignants qui travaillent dans les établissements de banlieue.
Collèges en plein milieu de zones de non-droit, dépression de professeurs sur-diplômés exercant leur métier devant des élèves sous-doués, syndicats qui passent leur temps à distribuer des tracts, lâcheté du chef d'établissement qui préfère étouffer les affaires... De nombreux sujets sont évoqués à travers cette comédie.
Aux critiques de ce film qui prétendent que cette vision des banlieues est remplie de clichés et "stigmatisante" pour ceux qui y résident, je répondrai au contraire que ce long-métrage constitue une bonne photographie de l'école d'aujourd'hui... A l'exception d'un sujet totalement passé sous silence : celui de la montée de l'intégrisme religieux et des communautarismes (réalité sans doute bien trop grave pour trouver sa place dans une comédie)...
VB
Agora
La Grande Vie

A de nombreux passages du film, j'ai été troublée de voir à quel point je pouvais m'identifier au personnage de Grégoire, modeste professeur de philosophie, un brin idéaliste qui passe à la TV sans avoir le temps de développer ses idées qui sont tournées en dérision par la grande machinerie du spectacle...
Ma scène préférée : le conseil de classe vers la fin du film. Un grand moment de vérité !
Bande-annonce
Le Petit Nicolas

Comme ce film fait du bien au moral ! Comme il est bon de voir des salles de cours sans incivilités de toutes sortes... Idyllique cette vision de l'Ecole ? Passéiste ?... Peut-être mais toujours préférable au naufrage actuel de notre Ecole publique à la dérive...
Bande-annonce
La Journée de la Jupe

Enfin un film dans lequel les fléaux qui minent les collèges de banlieue sont abordés sans tabou (racime, communautarisme, misogynie,...). On y voit aussi des instances hiérarchiques dépassées qui préfèrent fermer les yeux et pratiquer la politique de l'autruche plutôt que de s'armer de courage en prenant les problèmes à bras-le-corps. Un anti-Entre les murs, en quelque sorte.
La Vague

Quand la réalité dépasse la fiction... Inspiré d'une histoire vraie, ce film est bouleversant. Le réalisateur a réussi l'adaptation du best-seller de Todd Strasser. On y voit un groupe d'élèves faire l'expérience de l'emprise idéologique qui peut conduire au meurtre et au suicide.
Dans une société individualiste en manque de repères, les risques de dérive sectaire sont aujourd'hui encore, plus que d'actualité... Un film intelligent !
Côté Off : Le livre a été publié en version française aux éditions Jean-Claude Gawsewitch, celles-là mêmes qui ont publié Ces profs qu'on assassine...
Bande-annonceEntre les murs

"Entre les murs" : une mémoire pour l'Histoire ou comment l'Ecole de la République a sombré pour cause de démagogie, de laxisme et de nivellement par le bas... C'est la palme de la bêtise qu'on aurait dû lui décerner à ce film !
Coté Off : Je vous renvoie à une émission TV de France 24 où j'étais invitée à débattre en direct sur la Palme d'Or avec, pour interlocuteur, un pote à Bégaudeau. Ce n'est pas triste à voir...
L'Esquive
Dans L'Esquive, qui l'emporte ? Marivaux ou la banlieue ? Qui est porté en modèle ? La petite musique marivaudienne ne s'entend qu'en sourdine. Ce qui domine, ce sont les cris et l'hystérie des adolescents qui maltraitent la langue car ils n'en maîtrisent pas le B.A.-B.A et encore moins les subtilités.Le Sourire de Mona Lisa

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Etre et Avoir
Le Plus Beau Métier du Monde

Gérard Depardieu en prof dévoué mais débordé par les événements : plus vrai que nature ! Combien de fois pourrait-on lancer à des enseignants à bout "Ménage-toi ! Tu frises le burn-out" !!!
Ce film permet de traiter de sujets graves par le prisme de la comédie. C'est réussi...
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Le Suppléant

La loi du collège

Le Cercle des poètes disparus
Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des Etats-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.Côté Off : Parmi les raisons qui m'ont donné l'envie d'exercer le métier de professeur, il y a eu ce film... J'avais alors 16 ans. Je rêvais d'avoir un professeur comme Mr Keating, un capitaine et poète au long cours capable d'entraîner ses élèves dans un fabuleux voyage initiatique...
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P.R.O.F.S.

Les profs n'ont pas tellement changé depuis la sortie de ce film en 1985 avec les prestations inoubliables de Patrick Bruel en prof de lettres modernes et de Fabrice Luchini qui enseigne les arts plastiques.
En revanche, ce sont les élèves qui ont changé : ceux du film paraissent bien dociles par rapport à ceux que j'ai devant moi au quotidien...
Le Maître d'école

1981 : autre époque, autres moeurs...
Le personnage joué par Coluche est un instituteur sur le tard qui s'aperçoit bien vite que ce métier n'est pas celui qu'il imaginait. Cette comédie nous invite à porter un regard positif sur l'Ecole. Quant à l'instituteur incarné par Coluche, il est particulièrement attachant. Les élèves l'apprécient et le public aussi... On rit de ses maladresses et on l'aime, ce maître d'école !

